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Le parcours du Portugal s'est achevé, mercredi, contre la France. La bande à Luis Figo ne fera donc pas mieux que celle d'Eusebio lors du Mondial anglais de 1966.
Des dizaines, des centaines même de demoiselles auraient sans doute aimé venir le consoler. C'est un fait : Cristiano Ronaldo se sentait bien seul, mercredi, sur cette satanée pelouse de l'Allianz Arena. Devant des Français héroïques, les Portugais venaient de se faire sortir tristement de la 18e Coupe du Monde (1-0). Et le joli c½ur de Manchester United ne parvenait pas à masquer des larmes qui semblaient couler toutes seules sur ses joues de poupon.
Une nation en deuil
«C'est la fin d'un rêve. On peut féliciter le Portugal, mais nous n'avons malheureusement pas atteint notre objectif d'aller en finale. On a su jouer comme une équipe soudée, mais on n'a pas réussi à concrétiser nos occasions de but», glissait-il en sanglots sur le site officiel de la rencontre. Plus que la tristesse qui se lisait sur le visage du prodige lusitanien, c'est aujourd'hui toute une nation qui doit décréter le deuil national. Un pays entier qui trépignait avant d'espérer remporter pour la première fois de son histoire le titre mondial, sésame suprême. Luiz Felipe Scolari ne le sait que trop bien : «Nous sommes un petit pays, c'est difficile d'arriver jusqu'ici. Les joueurs doivent digérer maintenant. Nous y avions rêvé, nous avions beaucoup travaillé mais maintenant c'est un autre objectif. Nous voulons cette 3ème place, même si nous avons un jour de moins que les Allemands pour récupérer. Ma frustration personnelle ne durera que quelques heures, le temps de faire le point avec mes proches, ma famille et la fédération portugaise. Il est nécessaire de digérer pour reprendre le travail dès demain matin». Comme l'Angleterre il y a quarante ans, c'est donc la France qui a mis fin aux espoirs des Portugais de décrocher la Lune. Une élimination qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler une fameuse soirée du 28 juin 2000, à l'Euro, où Zinédine Zidane s'était déjà mué en véritable fossoyeur...
Fin de série pour Scolari
Pour l'anecdote, la série de 12 victoires consécutives du sélectionneur brésilien en phase finale de Coupe du Monde, est elle aussi tombée à l'eau. «Il n'y a pas de déception, l'équipe a été à la hauteur. Les joueurs avaient clamé haut et fort avant le match qu'ils se qualifieraient tout simplement parce qu'ils y croyaient. Je le répète l'équipe est fantastique, elle a très bien joué depuis le début de la compétition». Pour donner un peu plus de poids aux mots de Luiz Felipe Scolari, il n'y a qu'à jeter un coup d'½il sur le parcours de ses protégés pour comprendre à quel point les citoyens portugais pouvaient y croire. Premiers de leur groupe, les coéquipiers de Ricardo s'offraient leur premier véritable test en rencontrant les Néerlandais en 8e de finale. Un match qui restera dans la légende, pas dans celle du sport mais dans celle de la honte, avec pas moins de vingt cartons distribués par M. Ivanov. C'est à partir de là que les choses se sont compliquées.
Catalogués comme tricheurs et truqueurs, ces derniers se sont mis à dos une bonne partie des amateurs de ballon rond, qui oubliaient bien vite les géniaux coups de patte de Deco, les débordements éclairs de Miguel ou encore les fameux gris-gris de Cristiano Ronaldo. Car la force de l'équipe lusitanienne réside bien là. Dans cette aisance technique si particulière. Cette manière presque féline de poser le jeu avant de l'accélérer, presque trop facilement. Et cette désinvolture était bien présente, mercredi à Munich, faisant même passer des moments de solitude à l'arrière-garde tricolore. Mais après avoir regardé les cassettes de leur quart de finale contre l'Angleterre, le 2e gros morceau pris dans les filets portugais, la défense française a su gérer ces coups de semonce encore trop désordonnés. Mais le talent est là et bien là. Il leur reste maintenant à l'exhiber une fois de plus devant des Allemands qui seront forcément revanchards après leur demi-finale ratée face à l'Italie. Pour une 3e place en ligne de mire, histoire de rejoindre dans la légende la bande à Eusebio, qui avait pris racine sur la 3e marche du podium en 1966. En attendant mieux dans quatre ans. Encore une fois.
(Le Figaro Sport)
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